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Les premiers découvreurs de ce qui va devenir la Polynésie française sont Wallis et Bougainville (S. Wallis en 1767, L. A. de Bougainville en 1768 et J. Cook en 1769). Par la suite, il n'y a plus beaucoup de français et jusqu'en 1842 les anglais sont les interlocuteurs privilégiés des chefs tahitiens.

A sa découverte, la société polynésienne est organisée suivant différentes classes :

  • La noblesse des "ari'i" ;
  • Les propriétaires terriens ou "ra'atira" ;
  • Les pauvres, les serfs, les "manahune" qui vivent de l'usufruit des terres des nobles et des propriétaires terriens ;
  • Les esclaves.

L’organisation politique a plutôt la forme d'une confédération de principautés, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de pouvoir central.

Toute la vie du groupe tribal était organisée autour du "marae", symbole des anciens dieux tahitiens. Les marae étaient des enceintes de pierres au caractère sacré où se déroulaient les cérémonies religieuses ou les cérémonies officielles. Les marae étaient dédiés aux dieux locaux desquels tous les ari'i étaient censés descendre en ligne directe.

L'ari'i pouvait déclarer le tapu (tabu), dont la violation était punie de mort. Cette interdiction était soit temporaire, soit définitive et pouvait concerner un mot, une chose, un animal ou une personne.

En 1797, un bateau arrive dans la baie de Matavai - le Duff - avec à son bord des missionnaires de la société des missionnaires de Londres (L.M.S.). C'est l'arrivée de l'évangile (en souvenir de cet évènement, le 5 mars est un jour férié en Polynésie).

La baie de Matavai fait partie du district de Pare dont les Pomare sont les chefs. Les missionnaires vont s'associer aux Pomare. Le premier des Pomare, Tu, né vers 1743, va étendre son influence jusqu'aux Iles Sous le Vent grâce à l'aide des anglais.

Le fils de Tu, Pomare II, va apprendre à lire avec les missionnaires. A partir de ce moment, son influence va se développer parallèlement à celle que les missionnaires vont développer sur lui et sur son peuple. L'ascension des Pomare va donc de pair avec l'expansion du christianisme à Tahiti. Pomare II est poussé par les missionnaires car il est plus facile pour eux d'avoir affaire à une seule autorité pour asseoir leur pouvoir. Les missionnaires vont essayer d'imposer le système anglais de gouvernement mais Pomare II va toujours refuser.

Le 12 novembre 1815, Pomare II écrase les chefs tahitiens à la bataille de Fei Pi et il devient le roi de Tahiti. C'est le chef absolu de Tahiti et Moorea. A cette époque, c'est la fin de l'ancienne Polynésie des aristocraties militaires. On passe de la féodalité tahitienne à la monarchie.

Habitués à suivre leurs chefs, les polynésiens sont de plus en plus nombreux à se convertir à la nouvelle religion. Le protestantisme va se développer. Dans les écoles religieuses de cette époque, plusieurs milliers de polynésiens apprennent à lire les évangiles qui sont traduits et imprimés à Tahiti dès 1817. La bible sera traduite intégralement en 1838.

A la mort de Pomare II, le 7 décembre 1821, Pomare III n'a qu'un an. La régence est assurée par son oncle avec l'aide des religieux jusqu'au 21 mai 1824. Les pasteurs décident de le couronner, ce qui ne s'est jamais vu à Tahiti.

Petit à petit, les pasteurs réussissent à imposer les institutions qu'ils voulaient et au sujet desquelles ils s'étaient toujours heurtés à Pomare II : l'assemblée législative tahitienne siège pour la première fois du 23 février au 3 mars 1824.

A la mort de Pomare III en 1827, les pasteurs vont trouver la demi sœur de Pomare III, Aimata, alors âgée de treize ans et qui prend le nom de Pomare IV.

A l'époque, l'État tahitien mis en place sous Pomare II s'est disloqué. Les liens de la reine avec les îles Sous le Vent et les Tuamotu se sont distendus.

C'est cette situation que découvre l'amiral français Dupetit-Thouars lorsqu'il arrive à Tahiti et qu'il s'allie avec le régent Paraita et quelques grands chefs de Tahiti qui sont hostiles aux Pomare et qui souhaitent un protectorat français. C'est l'arrivée des français qui va maintenir le pouvoir de la reine Pomare car la France a voulu maintenir les institutions en place.

En 1842, les accords de protectorat entre la France et Tahiti avaient un caractère diplomatique car ils étaient passés entre deux États souverains : le royaume de France et le royaume de Tahiti. Les actes signés en 1842 créent un protectorat de droit international.

L'évolution du protectorat va se faire petit à petit dans le sens d'une tutelle de plus en plus étroite exercée par le commissaire sur l'État tahitien. C'est un lent grignotage des compétences de la reine et de l'assemblée au profit de l'État français.

Petit à petit, les compétences reconnues à la reine et à l'Assemblée vont être captées par le commissaire français.

A la mort de la reine en 1877, Pomare V est proclamé roi par acclamation de l’assemblée, réunie pour l’occasion alors qu’elle ne s’était plus réunie depuis 1866.

Peu à peu, la France va tenter de convaincre le roi d'accepter l'annexion de son royaume. L'annexion de Tahiti est réalisée le 29 juin 1880 par une déclaration de Pomare V avec l'accord de vingt chefs tahitiens.

La Polynésie va alors devenir une colonie française mais avec la particularité que les anciens sujets du roi Pomare V sont citoyens français.

Elle obtiendra un statut d’autonomie interne en 1984.